2017 sera l’année Rodin, le centenaire de la disparition de l’un des plus grands sculpteurs français de l’histoire (merci Kougibo pour le tweet). Cliquez sur l’image pour l’article.

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© Jules Richard / Collection du musée Rodin

Aucun de ses œuvres a trouvé le chemin vers Dinard à ma connaissance, mais assoiffé de culture et d’art je suis allé à la recherche des statues à Dinard.

La célèbre Sarah Bernhardt n’était pas seulement une grande actrice, mais aussi un sculpteur, et même si aucune trace de sa présence à Dinard était trouvée (malgré l’exposition cette année à la villa Roches-Brunes), une de ses sculptures était d’une jeune fille dinardaise, Mlle Moulton (cf Rencontre d’une dinardaise avec Sarah Bernhardt), mais comme les trois villas Moulton (détruites par la Ville), la statue aussi est perdue à la ville.

Sarah Bernhardt dans son atelier à Paris, photo Nadar 1888

Sarah Bernhardt dans son atelier à Paris, photo Nadar 1888

Evidemment Dinard a Hitchcock sur la plage, et même si lui aussi n’était jamais à Dinard, il fait un sujet parfait pour les photographes.

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La statue la plus célèbre et bien évidemment notre Ève de Gaston Guitton : Ève tentée par le serpent sur la terrasse de l’hotel Castelbrac (anciennement la villa Bric-à-Brac et le musée de la mer)

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C’est Jean-Abel Gruvel (1870-1941 à Dinard), chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle (et auteur du fascinant livre « Monographie des Cirrhipedes : Ou Thecostraces » 😉 ), qui, en quête d’un lieu d’implantation pour la station marine, découvre la villa Bric-à-Brac mise en vente par la ville de Dinard. Le Muséum l’acquiert en 1934 et y ajoute son laboratoire. Le savant songe alors que la station marine, semblable à un paquebot à quai, manque d’une figure de proue.

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Ses pensées volent vers la statue d’Ève de Gaston Guitton (1825 – 1891) qui fut acquise par le Muséum en 1876 puis exposée dans le jardin des reptiles du jardin des Plantes à Paris.

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Eugène Louis : Gaston Guitton (1825 – 1891)

C’est sans doute là que le jeune Gruvel, alors étudiant au Muséum, tomba sous le charme de la statue. Pourtant, lors de sa première exposition au salon annuel des Arts au Palais des Champs Elysées en 1875, certains critiques d’art se déchaînent.

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L’un d’eux dénigre ses seins « énormes et disgracieux », son ventre « ballonné et plissé », ses jambes « lourdes » et il conclut rudement qu’Ève serait « par trop préhistorique en vérité ».

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Jean-Abel Gruvel ne l’entend pas ainsi et ravi la belle pour la jucher sur le toit terrasse de la station marine. Mais on n’expose pas aussi facilement la nudité dans la France des années trente ! Son impudeur, en avance de quarante ans sur les exhibitions balnéaires, dérange. Une ligue de vertu dinardaise demande même de l’installer dans les jardins à l’abri des regards.

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Jean-Abel Gruvel prend la plume pour la défendre : « cette statue a passé cinquante ans de sa vie dans les jardins du Muséum sans que personne n’y ait trouvé à redire. Il est vraiment étrange que ce soit à Dinard où, pendant tout l’été on peut contempler des horreurs anatomiques, à peu près aussi nues et certainement plus obscènes que notre magnifique statue de bronze, que l’on trouve à redire, sous prétexte de morale offensée ». Et toc ! Ève connut encore quelques offenses et fut même déboulonnée en 1953. (passages de texte : Castelbrac)


Les trois grâces dans le jardin de la villa Greystones

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Les trois grâces, le chef-d’œuvre d’Alfred Auguste Janniot (1889 – 1969) : Euphrosine, la sereine, Thalie, la florissante, et Aglaé, la brillante, sont les filles de Zeus, qui apportent la joie sur Terre, incarnant grâce et beauté.

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Dans ce groupe créé pour la villa Thébaïde de Gérard Ducos, Janniot explore tous les charmes de l’anatomie féminine, entraînant ses Grâces dans une ronde légère et sereine. Ce grand groupe, unique, fondu dans le bronze par Alexis Rudier était la pièce maîtresse de la villa de Ducos.

Janniot a trouvé l’inspiration dans le décor de la Villa Greystones à Dinard, maison de l’architecte  Roux Spitz à l’époque. Les trois grâces ont alors retrouvé le lieu qui a servi d’inspiration de leur création !
Au cours de son œuvre, Janniot n’a sculpté que quatre groupes de jeunes femmes comparables à celui-ci, dont « La Nymphe de Fontainebleau » pour le luxueux espace de réception de l’Île-de-France, le plus grand paquebot de la flotte mondiale depuis la Grande Guerre, réputé pour sa magnificence. Les plus grands créateurs du style art déco travaillèrent à sa décoration.

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Les deux jeunes femmes avec l’albatros : Dans un jardin privé sur la pointe du Moulinet en face de Saint-Malo trouve-t-on deux jeunes femmes qui soutiennent un albatros.

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Voir le site d’Hubert Ferrasson avec des photos de meilleur qualité ici

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La propriété est en vente, une bonne occasion de devenir le propriétaire de ce magnifique statue 😉

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