La Belle Issue

Née le 1er mars 1887 en Amérique, Andrée de Gasquet-James a vécu dans la villa la Belle Issue au-dessus de la baie du Prieuré avec sa famille originaire d’Amérique, jusqu’à son mariage avec le vicomte Henri de la Chouë de la Mettrie en 1909.

Le Prieuré

Après leur mariage ils se sont installés au Prieuré près de la Belle Issue.

Le jardin du Prieuré face à la baie du Prieuré à Dinard

Pendant cinq ans ils y vécurent une vie heureuse jusqu’à la Grande Guerre.

C’est une autre Américaine, qui résidait dans une villa sur le boulevard Féart qui nous a transmis le souvenir de la vicomtesse :

« Permettez-moi de raconter l’histoire d’une amie américaine dont nous sommes tous très fiers, une fille dont le courage et le dévouement lui ont valu la Croix de Guerre et la Médaille d’honneur des Épidémies.

La Vicomtesse de la Mettrie, fille de feu le Comte Amédée de Gasquet-James de La Nouvelle-Orléans et de Dinard, a vécu dans cette dernière ville toute sa vie.

Je ne peux pas faire mieux que de retranscrire la citation de l’ordre du jour, lu au siège de l’armée :

La vicomtesse de la Mettrie s’était engagée dans le corps des infirmières militaires, dès le début de la guerre, après le départ de son mari pour le front au début d’août 1914.

À Rennes, puis à Paris, elle se fit remarquer par sa compétence et son dévouement. Le 1er juillet 1916, elle allait au front, sur sa demande réitérée, avec le grade de principale, dans une armée d’attaque qu’elle n’a pas quittée depuis cette époque. Prodiguant ses soins et son savoir sur les champs de bataille de la Somme et de l’Aisne, elle n’a pas cessé de réclamer les postes les plus périlleux.

Elle vient de faire l’objet d’une «citation» hautement louable, à l’ordres de l’armée, en date du 18 février 1918, dans les termes suivants :

« À fait preuve, lors des bombardements de V…, de beaucoup de courage, de dévouement et de sang-froid. Se trouvant prise, le 30 novembre 1917, dans la gerbe d’éclats d’un obus, et quoique légèrement atteinte, a porté immédiatement secours aux infirmiers grièvement blessés à ses cotés, refusant de s’abriter et conservant le plus grand calme, malgré le danger. »

Cette citation lui valut l’attribution de la Croix de Guerre. Madame de la Mettrie a en outre mérité la reconnaissance de ses compatriotes, en donnant son sang, pour sauver la vie d’un de leurs blessés (mourant dans un hôpital du front). Elle eut la joie de savoir qu’elle lui avait sauvé la vie.

Permettez-moi d’ajouter qu’avant la guerre, la Vicomtesse de la Mettrie était une jeune femme gaie et pleine de joie, elle aimait les automobiles, la chasse, les voyages et la danse.

Le contraste de ces journées insouciantes d’avant guerre, jeune, riche et charmante, avec un mari dévoué et sa famille qui l’adorait, dont elle pouvait raisonnablement attendre tout le bonheur – et les mois tragiques actuels sous les bombes allemandes devait parfois être déroutant.

Ses derniers missions se situèrent dans des zones dangereuses, souvent sous les bombardements, nuit et jour, zones qu’elle ne put rejoindre qu’après avoir signer trois documents auprès d’un bureau militaire, déclarant :

  • Tout d’abord, ne pas avoir d’enfants ni de parents qui dépendent d’elle;
  • Deuxièmement, être consciente du danger, et y aller à ses risques et périls;
  • Troisièmement, avoir la permission de son mari. »

Ces actes héroïques lui voudront l’attribution de la croix de chevalier de la Légion d’honneur qui lui sera remise par le général Weygand.

À la fin des années 50, après le décès de son mari, Madame de la Mettrie décida de léguer le Prieuré à sa mort au vicariat aux Armées qui en est l’actuel propriétaire.

Elle est décédée à 90 ans à Dinard le 8 mai 1977, le jour d’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe marquée par l’annonce de la capitulation de l’Allemagne.

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