Des choix lourds de conséquences

Il ne s’agit pas bien sûr de construire pour construire, certains diront « bétonner », sachant qu’ils n’ont pas trouvé à redire quand il s’est agi de leur … logement, dans l’espace proche du littoral ou sur des zones agricoles. Il s’agit essentiellement d’éviter le déclin de Dinard.

1 – La ville a été envisagée et développée par Y. Bourges puis M. Mallet, avec des équipements pour 12 à 15 000 habitants. C’est dans cette idée qu’a été mise en place la dynamique de construction dans le passé.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-35093

À partir de 1982, c’est à peu près 1000 logements tous les 8 ans qui sont construits, soit 130 logements en moyenne par an :

À partir de 2007-2008, cette dynamique s’essouffle, et Dinard ne construit plus qu’une moyenne de 70 logements par an. La courbe, issu du rapport de présentation du PLU est assez significative : 25 ans pour gagner 1000 habitants et 5 pour en perdre autant !

tableau issu du projet de rapport de présentation du PLU

J’en déduis que si l’on maintint les propositions du SCoT (70 logements par an), il y a de fortes chances que la population dinardaise continue de décroître sérieusement. L’ancien maire n’a jamais voulu me répondre quand j’évoquais ces chiffres au regard de son souhait de ne construire que 45 logements par an. Moins de logements à proposer fait monter les prix et éloigne de Dinard les ménages aux revenus moyens ou faibles dans les communes avoisinantes. Les statistiques du projet de PLU le montrent, pour que la population dinardaise stagne, au mieux, il faut construire au moins 120 logements par an. On voit les conséquences de cette urbanisation « molle » (70 logements par an) déjà avec les nombreuses fermetures de classe dans les écoles dinardaises. Moins de population permanente c’est aussi moins de consommation dans le commerce local à l’année et une vie de la commune qui va se réduire, au détriment de tous les Dinardais, résidents permanents ou secondaires.

C’est pourquoi le PLH en cours prévoit 190 logements par an, pour stopper la déflation et faire remonter le nombre d’habitants, en étant conscient que près de la moitié des logements construits seront des résidences secondaires. Le nouveau SCoT a pris en compte, à une échelle moindre pour le Pays de Saint-Malo cette problématique des résidences secondaires : pour la CCCE, il est prévu de construire 2210 résidences secondaires et 2960 logements de résidences principales.

Il existe sûrement un compromis raisonnable entre 70 et 190 logements par an à produire pour maintenir « Dinard », mais il faut une réelle volonté de faire revenir la population comme l’a entrepris Saint-Malo depuis quelques années et qui commence à stopper la déflation de sa population. M. Renoult, son maire, annonce, dans le dernier « Pays Malouin », au moins 500 logements par an à construire.

2 – C’est aussi la place de Dinard au sein de la communauté de communes qui est en jeu. Si Dinard va construire un peu plus de 900 logements en 13 ans, les autres communes de la CCCE vont profiter de l’absence de volonté de Dinard, car il s’agissait de se « répartir » un nombre de logements pour la communauté de communes.

EXTENSION (en ha) DENSITÉ par ha SOUS-TOTAL RENOUVELLEMENT URBAIN TOTAL
DINARD 11 42 462 462 924
PLEURTUIT 45 31 1395 209 1604
LA RICHARDAIS 16 31 496 75 571
SAINT-LUNAIRE 22 24 528 26 554
SAINT-BRIAC 8 24 192 10 202
LANCIEUX 11 24 264 13 277
BEAUSSAIS 20 27 540 81 621
TRÉMÉREUC 3 22 66 3 69
LE MINIHIC 9 22 198 10 208
4141 889 5030

En réalité le SCoT prévoit 5180 logements à produire sur la période 2018-2020, le différentiel devant se faire en augmentant le renouvellement urbain

Par exemple, Pleurtuit qui vient déjà de dépasser 6500 habitants a prévu dans la période 2017-2030, d’ouvrir à l’urbanisation 45 hectares avec une densité moyenne de 31 logements à l’hectare, soit 1400 logements environ et au total avec le renouvellement urbain, elle va produire 1600 logements, soit 4500 à 5000 nouveaux Pleurtuisiens à venir, car il aura peu de résidences secondaires !  Pleurtuit profite de la dynamique des résidences principales qui n’existe plus chez nous, car les prix sont trop élevés, et elle a augmenté sa population qui est passée de 5500 en 2008 à 6500 en 2016, alors que dans le même temps, celle de Dinard est passée de 10 500 à 9500 habitants. Avec un tel SCoT, quelle population à Dinard en 2030 ? À terme les problématiques de la communauté de communes ne seront plus celles des communes balnéaires, mais celles des communes de « l’intérieur ». Si l’on souhaite créer des équipements communautaires, il y a fort à parier que ce ne sera pas à Dinard, accentuant à terme le déclin de notre commune et de sa primauté au sein de la CCCE.

Aimer Dinard et vouloir la conserver comme elle est, ne veut pas dire ne pas construire et la mettre sous cloche, sinon elle risque de s’endormir pour … longtemps et ne plus ressembler à ce qu’on voudrait préserver.

Dernière partie à venir : quelles solutions possibles.

PG

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