Quoiqu’ait pu dire l’ancienne équipe municipale, cette dernière a bénéficié de ressources stables en fonctionnement pendant les trois années de son mandat. Certes la dotation globale de fonctionnement (DGF donnée par l’État) a diminué, mais la baisse la plus importante a eu lieu en 2013. Le tableau issu d’une compilation des documents des débats d’orientation budgétaire de 2016 et 2017 montre cette réalité, même si MCS l’a toujours passée sous silence pour justifier ses « économies ». Le but était non de réduire les impôts locaux comme annoncé lors de la campagne de 2014, mais de maintenir l’investissement.

les années « retraitées » correspondent à l’époque où la commune percevait la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) transférée en 2015 à la CCCE. Il faut comparer ce qui est comparable.

De même, si le budget de fonctionnement est resté quasi constant, les « dettes » de la ville sont elles aussi restées stables. Seule leur structure a changé. Le résultat négatif du budget principal des différents exercices a été transformé en emprunt. Certes, l’affichage est plus lisible/visible, mais le résultat est plus d’intérêt à rembourser (passer de 572 000 € en 2013 à 689 000 en 2016, + 20%, malgré des taux d’intérêt faibles) et plus d’épargne brute (marge à dégager pour financer les annualités de remboursement des emprunts) à trouver dans la section de fonctionnement, diminuant d’autant une souplesse autorisée dans la gestion des finances des communes.

Globalement, la précédente majorité n’a donc pas réduit les manques de financement, contrairement à ce qui était annoncé puisqu’on déplace simplement la « bosse » de besoin de financement. La « dette » de la ville n’est pas assainie seulement plus visible, mais est-ce mieux pour la commune ? Une gestion saine aurait été de la réduire. D’autant plus que pour les prochaines années, il était prévu de rembourser autant de dettes que ce que la commune emprunterait. Pas facile dans ces conditions de réduire l’encours de la dette

Pour masquer cette réalité, on utilise la capacité de désendettement qui est le ratio entre l’encours de la dette (les emprunts en cours) sur l’épargne brute (ce qui reste du budget de fonctionnement quand on a payé toutes les factures). Si on « serre bien la ceinture » aux dépenses de fonctionnement (ce qu’y a été fait en 2016), l’épargne brute augmente et le ratio diminue, même si l’encours de la dette augmente, car on continue à emprunter pour financer l’investissement ! L’épargne nette permet en réalité d’investir plus sans faire appel à trop d’emprunt. Je rappelle que les recettes de la section fonctionnement sont restées stables en 2014, 2015, 2016.

Au-dessus de 10 années pour ce ratio, il faut rester « vigilant ».

(en milliers d’euros) 2013 2014 2015 2016
3203 1509 1996 2778
Epargne brute
Epargne nette 875 60 473 1335
Résultat de l’exercice -4740 -2262 -1286 -320
Encours de la dette 18607 21659 22135 22371
Capacité de désendettement (en années) 5,8 14,4 11,1 8,1

Le piège est que les années suivantes, à défaut de trouver de nouvelles sources de rentrée d’argent, il faut continuer à « serrer la ceinture », sinon le fameux ratio repart à la hausse. On comprend pourquoi maintenant depuis 4 ans on entend toujours la même litanie : « la situation financière de la ville est tendue » !

graphique issu du document du débat d’orientation budgétaire 2017

Alors MCS bonne gestionnaire des finances de la commune comme le soutiennent certains ? Pour JCM, c’est en quelque sorte, un retour à « l’envoyeur », la dérive ayant eu lieu en 2013. Maintenant, reste à savoir ce que va décider l’équipe en place, pressurer la section de fonctionnement ou laisser filer le ratio, d’autant plus que l’avenir du projet de la Gare n’est toujours pas assuré, qu’il faudra commencer par investir (dépolluer le terrain) avant de recevoir une partie du paiement du terrain, et que le nouveau gouvernement souhaite poursuivre la réduction de la DGF.

Rendez-vous dans un an !

 

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