L’enquête publique sur le projet de schéma de cohérence territoriale du Pays de Saint-Malo est close depuis le mardi 12 septembre 2017, 17h.

J’ai déposé une observation que vous trouverez ci-dessous et qui résume la série d’articles que j’ai faite à ce sujet au mois de juin.

Je vous tiendrai informé du rapport et des conclusions de la commission d’enquête, en particulier concernant la CCCE et Dinard.  Je peux déjà vous dire qu’aucune de ces deux entités n’a émis d’avis sur le projet, en tant que personne publique associée (PPA) concernée, en préalable à l’ouverture de l’enquête comme l’a fait par exemple Saint-Lunaire.

 

OBSERVATION CONCERNANT LE PROJET DE SCoT DU PAYS DE SAINT-MALO

J’estime que le projet de SCoT, dans sa rédaction actuelle, ne prend pas en compte la réalité de Dinard et en particulier son déclin démographique.

Au regard de l’état des lieux réalisé pour le projet de PLU de Dinard, on peut constater les éléments suivants :

* Une baisse de population :

Graphique issu du document diagnostic territorial (site de la mairie de Dinard)

* Liée à une baisse de production de logements :

Graphique issu du document diagnostic territorial (site de la mairie de Dinard)

Précédemment le nombre de logements construits était en moyenne de 147 par an sur la période 1975-2008 :

INSEE —Commune de Dinard (35093) — Dossier complet

Le programme local de l’habitat (PLH) en cours, d’ailleurs, envisage pour la période 2014-2020, 190 logements par an à construire, soit 1140 :

On notera que l’ancien maire n’a jamais voulu le mettre en œuvre en suspendant ou en s’opposant en justice, à deux projets d’envergure sur la commune qui prévoyaient 900 logements :

CCCE – bilan intermédiaire du PLH

Or dans l’état actuel du projet du SCoT, il est prévu de construire à Dinard sur la période 2017-2030, 924 logements (à comparer aux 1140 prévus sur 6 ans du PLH !), moitié en extension d’urbanisation et moitié en renouvellement urbain. Ce qui correspond à moins de 70 logements par an, conduisant inévitablement à la poursuite du déclin démographique de la cité. On peut d’ailleurs s’étonner que sur la période 2014-2020, il faille construire 190 logements par an (objectif non atteint) et que sur la période 2017-2030, on ne soit plus qu’à 70 logements par an sans aucune justification ! Ce déclin s’accompagne déjà par la fermeture de nombreuses classes et d’établissements scolaires, un vieillissement de la population, le logement devenant rare et cher, une sous-utilisation des équipements déjà en place et un dépérissement à terme du tissu commercial local. On s’éloigne donc des objectifs énoncés page 4 du projet aménagement et de développement durable (PADD) :

 « Prendre appui sur l’armature urbaine existante pour soutenir les développements à venir sans exclusivité, le développement du pays de Saint-Malo doit d’abord s’appuyer sur les villes qui ont l’offre urbaine la plus significative.

  • Conforter la dizaine de pôles urbains dans l’optique d’un projet global, équilibré et solidaire valorisant les équipements déjà existants tout en tenant compte des tendances démographiques récentes ;
  • Orienter l’urbanisation vers des formes urbaines et villageoises resserrées dans l’optique d’une réduction des coûts des politiques publiques (VRD, fibre optique, transports, etc.).

Le foncier est rare et la terre n’est pas extensible ! Il s’agit d’en prendre pleinement conscience dans les différents modes d’habiter le pays.

  • Connaître finement le foncier urbanisé en vue de définir des objectifs de réduction de la consommation foncière
  • Faciliter le renouvellement urbain par l’identification des secteurs potentiels
  • Accompagner une production de logements diversifiée pour favoriser le renouvellement de la population et la mixité sociale. »

Il me paraît donc nécessaire de réorienter une partie des possibilités de construire attribuées à la Communauté de communes de la Côte d’Émeraude (CCCE) vers Dinard. En particulier si on tient compte des 45 ha nouveaux prévus en extension d’urbanisation de Pleurtuit qui ne correspondent pas à une démarche d’économie des terres agricoles et de densification de l’habitat. Je vous laisse juge des répartitions pour l’ensemble des communes de la CCCE au regard possibilités « offertes » pour Dinard.

EXTENSION (en ha) DENSITÉ par ha SOUS-TOTAL RENOUVELLEMENT URBAIN TOTAL
DINARD 11 42 462 462 924
PLEURTUIT 45 31 1395 209 1604
LA RICHARDAIS 16 31 496 75 571
SAINT-LUNAIRE 22 24 528 26 554
SAINT-BRIAC 8 24 192 10 202
LANCIEUX 11 24 264 13 277
BEAUSSAIS 20 27 540 81 621
TRÉMÉREUC 3 22 66 3 69
LE MINIHIC 9 22 198 10 208
4141 889 5030

 

150 logements par an seraient nécessaires pour contrer la baisse démographique, en prenant en compte l’ancienne zone 2AU de la Ville Mauny de l’ancien POS de Dinard (19ha au lieu des 11 proposés, cette zone fait l’objet d’un projet d’éco quartier sous forme de ZAC, suspendu par le maire précédent en 2014 suite à son élection) et en renforçant les objectifs de densification de renouvellement urbain.

Il ne s’agit pas de construire pour construire, mais de permettre l’accueil de jeunes ménages en offrant des coûts de construction plus réduits que ce qu’on trouve actuellement sur Dinard et de sauver notre commune d’un vieillissement trop rapide et d’un déclin annoncé avec les propositions actuelles du SCoT. La demande est réelle, car la commune offre de nombreux emplois qui, dans leur grande majorité, ne sont pas occupés par des Dinardais :

Graphique issu du document diagnostic territorial (site de la mairie de Dinard)

L’attente est donc forte pour des familles qui souhaiteraient travailler et vivre à Dinard. Je les comprends tout à fait !

En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à cette observation pour proposer des modifications au projet faisant l’objet de cette enquête publique.

 

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