Je n’aborderai que quelques points par chapitre car sinon je n’en finirai pas avec toutes les remarques. On n’oubliera pas que le PADD fait suite au diagnostic auquel je vais me référer pour expliquer les incohérences.

Une méconnaissance de la réalité démographique

On va finir par croire que je radote en reprenant une partie d’un article précédent, mais il faut bien se rendre compte que le SCoT (schéma de cohérence territoriale) oriente la rédaction du PLU. C’est d’ailleurs écrit sur l’image qui parle des constructions dans le projet nouveau.

* Une baisse de population :

Graphique issu du document diagnostic territorial (site de la mairie de Dinard)

* Liée à une baisse de production de logements :

Graphique issu du document diagnostic territorial (site de la mairie de Dinard)

Précédemment le nombre de logements construits était en moyenne de 147 par an sur la période 1975-2008 :

INSEE —Commune de Dinard (35093) — Dossier complet

Projet Martina Projet JCM
   

Évidemment dans les deux projets on ne nous explique pas les chiffres. Ces dernières années, avec 70 logements par an, Dinard perd à peu près 150 habitants par an. Avec le projet de MCS, on devait en gagner 50 par an en ne construisant que 45 logements par an. Pour JCM ce serait, 90 logements par an à construire pour gagner 85 habitants par an. Mais aucun des deux projets n’expliquent d’abord comment la population a diminué depuis 2008 et combien de logements seraient nécessaires pour stopper la baisse de population (70 par an ne sont pas suffisants d’après les statistiques), avant de vouloir en gagner. L’augmentation des prix de l’immobilier en local (restriction de l’offre) et la transformation de nombreux logements en résidences secondaires accélèrent la baisse démographique. C’est au minimum 150 logements par an qu’il faudrait construire (le programme local de l’habitat actuel,le PLH, dit même 190/an) si l’on veut pouvoir commencer à inverser la courbe de déflation démographique. D’ailleurs, quand on sait qu’il faut dix années pour concrétiser un grand projet, c’est dès maintenant qu’il faut lancer celui de la Ville Mauny (19 ha avant, pour l’instant 11 avec le nouveau SCoT). La nouvelle majorité en aura-t-elle le courage si elle veut vraiment atteindre son objectif de population pour 2030 ?

Le projet de SCoT (schéma de cohérence territorial qui prescrit les évolutions) était mal calibré, comme je l’ai déjà signalé dans d’autres articles et j’espère que la majorité en aura demandé son évolution.Cette question est d’autant plus importante que Pleurtuit devrait passer de 6500 habitants actuellement à 9500 (article OF du 12 octobre, alors que Dinard pourrait n’en avoir plus que 9000 !) en 2030. Notre voisine s’en est donné les moyens en autorisant 45 ha d’extension d’urbanisation ! Pour le moins surprenant, alors que l’on souhaite réduire la « consommation » des terres agricoles. Au final, c’est la place de Dinard au sein de la CCCE (communauté de communes de la Côte d’Émeraude) qui risque de voir son influence diminuer dans cette instance qui va prendre de plus en plus d’importance dans la gestion quotidienne des citoyens, à terme plus que la commune elle-même. Il n’y a qu’à voir le volte-face de l’ensemble des communes de la CCCE, sur le PLU inter communautaire qu’aucune ne voulait il y a encore 6 mois !

Pour finir, on notera encore l’ambiguïté de la phrase présente dans les deux projets :

Privilégier l’intensification urbaine ne me semble pas convenir avec densification douce ! Martina ne voulait pas construire, c’était donc une densification douce. J’ai cru comprendre que Jean-Claude voulait construire plus, il faut donc privilégier l’intensification urbaine ? Que cache l’ambiguïté de la nouvelle équipe ?

Le stationnement toujours aussi mal analysé

On remarquera la similitude des projets. Dans le « diagnostic », on nous a expliqué qu’il fallait réorganiser le stationnement (c’est ce qui avait motivé son projet d’extension du parking souterrain sous les halles), qu’il y a « un nombre important de places « illicites » … environ 2000 places ont été comptabilisées ». Le nouveau maire va, de plus, augmenter la durée autorisée du stationnement payant et en diminuer le coût, accentuant ainsi la pénurie de places (voitures ventouses). Alors on veut déporter le stationnement « en amont », La Richardais et le cimetière ! Sans avoir fait de mécanique des fluides (un calcul d’ailleurs simple suffit), il faut s’intéresser au fiasco des navettes du Mont-Saint-Michel pour savoir que les parkings relais et les navettes associées (permanentes ? à la demande ? gérées par qui ?) ne fonctionneront jamais et qu’ils auront un coût phénoménal supporté soit par le touriste qui le trouvera trop cher et qui n’ira pas, soit par la commune qui n’en a pas les moyens et restreindra l’offre des rotations pour diminuer les coûts, rendant l’attente insupportable pour le visiteur. Rien que de savoir qu’il faut garer sa voiture à la Richardais (sud de la D 168) pour aller à Dinard (au nord de la D 168), risque d’interroger les visiteurs !

Je ne parle pas du bus de mer que JCM veut maintenir toute l’année, comme MCS pour qui cela s’inscrivait dans son projet de centre des congrès de Port Breton (et pour JCM ?), alors que les conditions hivernales ne s’y prêtent pas. D’ailleurs, où garerait-on les voitures des personnes qui voudraient l’utiliser à partir de Dinard ?

Concernant le terrain GDF qui réapparaît ces derniers temps dans la presse, dans les deux projets de PADD, il est écrit :

« Le site Veil dont l’aménagement doit intégrer une réflexion comprenant le parking actuel » : pour MCS, on le sait, c’était la suppression du parking et pour JCM aussi ?

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les modes de déplacement, en particulier les pistes cyclables, qui dans le projet de JCM doivent être renforcées comme chez MCS, mais dont le schéma est réduit et relativement incohérent au regard de celui de la précédente majorité.

En hyper-centre, le nouveau « sens du vent » est aux « espaces/zones de rencontre », rien de grivois bien sûr, qui ne devraient pas faciliter la circulation et par la même augmenter la pollution en centre-ville, sans parler des risques de … « rencontres » !

En passant, on notera que le terrain GdF va se transformer en parking : à 2 M€ le terrain, ça fait cher la place !

Il s’agit de faire cohabiter tous les intervenants sur la même aire de l’espace public : le piéton à la priorité sur la voiture et le vélo, qui l’a sur la voiture ; C’est le plus lent qui est prioritaire. Étonnamment, le diagnostic précise sur ce type d’aménagement : « … ne constitue pas un réel espace de partage entre les modes doux et l’automobile », et je rajouterai aussi les bus. On notera encore cette incohérence. L’essai pratiqué par la majorité précédente sur la dernière portion de l’avenue M. Leclerc ne fut pas concluant : la voiture est restée maîtresse de la chaussée, les piétons cantonnés aux trottoirs, seuls les commerçants en ont bénéficié … pour agrandir leurs « terrasses », mais était-ce vraiment le but ? Néanmoins la nouvelle majorité semble vouloir relancer l’expérience !

D’ailleurs, on remarquera que JCM veut se faire bien voir des commerçants du centre-ville : il a supprimé du projet de son prédécesseur la phrase : « par une meilleure rotation des places disponibles (« arrêts » minutes, zones bleues, … »  (AXE3/A mettre en œuvre un schéma …/A1 réorganiser les stationnements et les circulations/repenser l’offre de stationnement en hyper-centre). Résultat : 3 heures de stationnement payant autorisées au lieu de 2 (article OF du 20 octobre).

Visiblement une partie des commerçants et la majorité actuelle ne semblent pas avoir compris que les touristes qui iront sur la plage ne consommeront pas et bloqueront les places de ceux qui viendraient faire leurs courses et qui finiront … par aller ailleurs. Vouloir faire croire que la cinquantaine de places boulevard Wilson (jusqu’à 8h consécutives ce qui devrait aussi attirer d’autres « consommateurs » !) suffira à satisfaire les plagistes et les joueurs du casino, est pour le moins présomptueux ! La limitation du stationnement en centre-ville (réduction de la durée et du nombre de places en surface) était pourtant un des rares sujets qui faisait consensus chez les trois maires précédents. Si la maîtrise du stationnement est maintenant donnée aux maires avec la nouvelle réglementation, c’est pour y développer une stratégie globale des déplacements et de l’aménagement urbain ? À Dinard laquelle et pour quels buts ? Mystère … Écrire dans le diagnostic, qu’il y a des soucis de stationnement* et ne pas y remédier (maintien du système actuel dixit le maire au printemps) voire l’aggraver, je ne sais pas si on peut appeler ça faire des choix et préparer l’avenir. L’approche de MCS dans ce domaine me parait plus pertinente (proche d’ailleurs de celle de ses prédécesseurs), en revanche la phase pratique était plus contestable … et fut contestée.

À suivre …

 

* Diagnostic : « Cette omniprésence de l’automobile dans l’hyper-centre empiète sur d’autres usages et le confort des circulations piétonnes, mais également sur les qualités du paysage urbain avec une grande visibilité des véhicules sur l’espace public et depuis les fronts de mer. À l’échelle de la ville, le stationnement de  surface est peu intégré à l’aménagement des voies, …« 

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