Une économie qui ne peut pas se résumer à de l’évènementiel !

Martina voulait faire venir des congrès, comme toutes les communes. J’avais expliqué dans un article que les structures privées existaient déjà et suffisaient au regard de la demande et des difficultés d’accessibilité de Dinard. Mais il fallait réhabiliter le Manoir de Port Breton, quitte à céder une partie du parc pour faire un hôtel supplémentaire afin d’intéresser un investisseur privé.

Pour JCM, c’est essentiellement sur « l’événementiel » qu’il compte pour l’économie de la ville ! C’est le projet « politique » de la nouvelle majorité. Je ne suis pas certain que ce soit la piste à privilégier et je me demande d’ailleurs si l’équipe en place y a réellement pensé, car j’ai du mal à comprendre qu’on veuille céder des équipements comme la piscine, le palais des arts et du festival à la communauté de communes (à priori pour faire des économies à court terme) et perdre ainsi la main sur ces installations qui assureront les animations culturelles et sportives. Pour ces dernières, on nous annonce que Dinard pourrait accueillir des participants aux  JO de 2024 et cela devrait rapporter à la ville ! Au regard des retombées économiques occasionnées lors de la venue de l’équipe du Pays de Galles l’année dernière, on ne peut qu’être dubitatif. J’ai encore en mémoire, quand la majorité était dans la minorité, des quolibets qui ont accompagné ce peu d’intérêt des Gallois pour notre commune. Avec tout ça, on arriverait à oublier que de nombreux Dinardais habitent et travaillent sur Dinard ou dans le « pays », et pas seulement du tourisme ou de l’évènementiel ! D’ailleurs dans le projet, suite au nouveau SCoT, une extension de la zone d’activité est actée. Il y a lieu d’avoir un regard particulier en liaison avec la communauté de communes qui en sera responsable, et de savoir ce qu’on souhaite accueillir comme activités. Il n’y a pas trace d’un début de réflexion dans le document du PADD.

Extrait du diagnostic

Divers points supplémentaires

Je suis déjà intervenu sur des points qui me paraissent irréalistes :

  • Sécuriser le trait de côte : rien ne peut arrêter les vagues et l’érosion qu’elles créent ;
  • Développer l’offre de transport en commun : avec les ouvertures du barrage de la Rance et les bouchons qu’ils produisent, il paraît difficile de faire plus que ce qu’il existe déjà ;
  • Mettre en œuvre une trame verte : il y a une définition officielle qui ne correspond pas à ce qui est présenté dans le PADD.
  • Enfin, rédiger le PADD dans un style plus compréhensible :  il serait abordable pour un plus grand nombre de nos concitoyens.

En guise de « conclusion » … provisoire

Vous comprendrez maintenant pourquoi, le projet actuel me paraît irréaliste et incohérent. Il y a beaucoup de « détails » que je n’ai pas évoqués, mais qui devraient faire l’objet de remarques des services de la préfecture. Il y a pourtant du « grain à moudre », par exemple :

  • Il n’y a pas besoin d’aller à la Richardais pour trouver une « plateforme d’échange multimodal », il y en a déjà une à Dinard. Faut-il encore l’identifier et la mettre en exergue ;
  • Il ne sert à rien de « verdir » la station quand la municipalité n’est déjà pas en mesure de maintenir en état les espaces verts qui existent, ni désherber correctement les rues ; on répète à l’envi que les Dinardais paient trop d’impôts locaux et il faudrait en plus qu’ils désherbent les rues ! On n’oubliera pas non plus que plus de 45 % de la population de la commune a plus de 60 ans et qu’elle vieillit de plus en plus. On ne parle pas non plus de la réduction de 60 % des passages du ramassage des déchets verts ;
  • Il aurait fallu s’intéresser aux directives qui demandent de développer l’urbanisation à proximité des lignes de transport en commun ;
  • On aurait pu aussi réfléchir sur toute la partie Est de Dinard où plus un seul commerce n’existe à partir du Prieuré ;
  • On aurait …

Comme dans tous les projets il y a ce qui est souhaitable, ce qui est concevable et ce qui est réalisé. Par exemple, on apprécierait que toutes nos rues puissent permettre la circulation dans de bonnes conditions, avoir des pistes cyclables sécurisées, des emplacements de stationnement, des trottoirs larges et des espaces verts. Seulement on ne peut pas reconstruire la ville. Il faudra donc analyser pour chaque rue ce que l’on peut proposer et effectuer un chiffrage financier qui au final sera le critère qui nous dira ce qui est réalisable. Sinon, le PADD devient un catalogue de bonnes intentions qui respecte évidemment les « directives », mais qui, en définitive, reste inapplicable. Il faut certes de « l’ambition », mais les réalités physique et financière existent et cette dernière risque de nous compliquer un peu plus les réalisations avec les projets du gouvernement pour mettre les finances des communes sous tutelle de l’état.

La suite du projet de PLU nous en dira plus, au travers de la cohérence des opérations d’aménagement et de programmation (OAP) et des règlements graphiques et littéraux. De plus, dans ce projet il manque la transformation de la ZPPAUP (zone de protection du patrimoine …) qu’il aurait été judicieux de poursuivre en parallèle puisque les deux documents doivent partager le même PADD et que tous les deux nécessitent une enquête publique, toujours chronophage. C’est d’ailleurs le règlement de cette zone de protection qui est le plus contraignant lorsqu’il s’agit de construire dans son périmètre. Le lancement de la modification de la ZPPAUP a dû avoir lieu, si mes souvenirs sont exacts, en … décembre 2014 !

L’urbanisme est un sujet sérieux et compliqué. On ne peut réduire la vision politique de la ville à l’animation culturelle et sportive. JCM a pris cela un peu à la légère et le PLU s’en ressentira. Ces successeurs devront l’assumer jusqu’en … 2030 !

Et pour finir le jeu des 6 différences (pour voir si vous avez bien suivi) : lequel est le projet de MCS et lequel celui de JCM ?

Dans les deux projets, on trouve cette phrase : « Aménager de nouveaux espaces publics structurants dans le centre urbain, autour des sites Newquay et Veil, avec la création d’espaces verts et de places urbaines. »

Nota : pour ceux qui ne suivraient pas bien la « vie » dinardaise, 4,3 ha sur les 7 du « site projet » ont été préemptés par Eiffage pour le projet Bofill finalisé : Le maire précédent voulait l’empêcher et le nouveau l’a déjà entériné. Le premier coup de pelleteuse aura peut-être même lieu avant la validation du PLU ! Doit-on encore le faire figurer dans le document ? Quant au site Veil, vu la petite surface et l’urbanisation autour, on aura des difficultés à y placer, un espace vert et une place urbaine sauf … sur le parking Veil actuel (j’ai déjà évoqué une possible cachotterie dans l’article précédent) ! Je sais, cela ne va pas vous aider à trouver quelle image est le projet de qui.

 

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